Une classique d'un intérêt moyen mais sur un sommet toujours aussi emblématique
Après avoir parcouru déjà quelques voies sur ce fameux Mont Aiguille, il faut trouver un nouvel itinéraire d'intérêt. Entre le risque de fraîcheur et les soirées à
rallonge, les voies dures sont proscrites... Aussi le choix se fait rapidement vers cette voie des Etudiants, une classique que les commentaires dérivent comme intéressantes.
Arrivés au pied, l'itinéraire se dévoile logiquement et même le topo de Duhaut est correct... Par contre le rocher ne paraît pas au top. Sans plus tarder nous en
commencons l'escalade. La première longueur côté 4+/5a dans le Duhaut ne fait pas rire... On se demande si c'est la boisson de la veille, la fatigue ou notre inaptitude momentanée à nous remettre
dans ce style des voies anciennes. La longueur suivante se fait tout en délicatesse sur un empilement de blocs coincés par une grosse écaille décolée... Ensuite après quelques mètres de rocher
qui sonne creux on trouve une belle section dans L3, bien grimpante et qui fait presque plaisir. L4 vu du bas ne fait pas envie... Sucre et petits blocs enchassés autour d'une fissure souvent
humide. Ce sera Zian qui s'y collera. Une longueur quelconque. Peu après on arrive par contre sous un bastion fort raide et compact qui constitue le crux de la voie. Une belle et longue longueur
de bon 6b. Ce sera le beau passage de la voie, soit une longueur sur 7...
Un ratio qui ne vaut pas vraiment le déplacement. Enfin on prend pied sur ce beau et si particulier plateau sommital où l'on retrouve les compères montés par la
voie normale, en train de jouer au foot, et un inconnu qui se prépare à un décollage en aile de speed riding....
Voie des Etudiants : TD/TD+, 250m
Voir topo camptocamp : cliquez ici
Zian dans L2, qui rigole bien en jouant du xylophone
sur les nombreux blocs...
Zian dans L3 qui se rétablit après un court passage
en fissure légerment déversante
Puis le garçon prend la tête pour L4. Ca fait pas rêver vu du bas... Une fois dedans
on sent que le ménage a déjà été fait mais faut rester sur les prises standard quand même...
LA belle longueur ! Un bon 6b bien fin en rocher
excellent...
Flo le Breton, qui sort de cette belle
longueur
Longueur de sortie en rocher typique : ça donne
envie !
Enfin les amis montés par la voie normale sont en
train de jouer au foot sur le plateau sommital...
Ju qui retrouve ses élans d'anciens gardien de
but,
avec en fond les sommets déjà enneigé du Taillefer et Ecrins...
Et en bonus, le décollage d'un jeune insolant (inconnu) qui avait monté sa voile de speed riding pour décoller du sommet et ne pas se farder la descente à pied ! En moins de 5 minutes il retrouvera
la voiture...
Par Bruno W
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Escalade au soleil sur un calcaire de qualité...
Les journées sont de plus en plus fraîches, le vent faiblit à peine et les nuages se mettent en plus de la partie. Le choix d'une destination idéale et intéressante
pour les grandes voies devient de plus en plus complexe. Lassés de Presles, mes compères du jour propose une excursion verticale à la fameuse falaise du Sapey. Ses caractéristiques principales,
outre d'être une falaise "chaude", ce sont ses longueurs à cannelures et dalles...
Comme Guillaume a déjà bien écumé les secteurs les plus raides, soit à gauche, on se dirige vers ce qu'il reste, soit plus à droite. Certains itinéraires semblent
tout de même intéressants, notamment Woody Wood Pecker et Caprice de Pétiole avec une fameuse 4ème longueur semble-t-il superbe... Comme ces voies sont courtes, l'objectif est de les enchaîner.
Quitte à enchaîner avec une troisième si le temps et l'energie le permet.
Caprice de Pétiole : TD+, 180m, 6b+ max, 6a+ obl
Voir topo Camptocamp : cliquez ici
Nous commençons par le Caprice de Pétiole car frais et dispo, on se dit autant attaquer par la plus "dure". La première longueur est curieusement équipée/tracée. On
peut passer à gauche dans du 5 ou à droite dans la cotation annoncée... La deuxième longueur au départ fort prisue est ponctuée par un passage en dalle à friction comme j'en ai horreur : pose de
pieds à plats sur de vagues reliefs, les mains à plats quasiment sans préhension, et on pousse. Ensuite une troisième longueur bien longue et assez belle mais toujours sans ambiance et naviguant
un peu entre les touffes d'herbes. S'en suit la fameuse 4e longueur en cannelure, effectivement une très belle longueur. On termine par une 5e longueur presque variée en dalle, cannelure puis
passage athlétique en gentil 6b. Une voie sympa mais il ne faudra pas y chercher l'ambiance...
FIX joue le jeu en usant des cannelures
dans la première longueur
Guillaume dans le crux de la voie dans L2 :
un passage en dalle à friction...
Puis l'on remonte la belle dalle de la 3e
longueur entre les touffes d'herbe
Un Chifoumi ou plus classiquement appelé
"pierre, ciseau, papier" pour savoir lequel des deux pourra se lancer en tête dans cette belle longueur...
Fix a gagné et c'est tout ravi qu'il s'en
va grimper bien entre les points dans cette très esthétique cannelure
Idem
Guillaume dans cette même longueur quelques
instants plus tard.
Dernière longueur : après un passage de
traversée en dalle, on rejoint la cannelure pré-quittée pour finir par un petit toit bien prisu
Woody Wood Pecker : TD, 180m, 6a+ max, 6a obl
Voir topo Camptocamp : cliquez ici
Située juste à côté de la précédente, on décide de poursuivre par cette voie. Les deux premières longueurs se feront en une. Ce qui donne une belle et grande longueur avec un passage en cannelure
pas si évident dans le bas et un peu engagée. Ensuite une troisième longueur facile et sympathique pour revenir au pied du beau mur de L4. Encore une très belle cannelure. Puis l'on sort par une
longueur prisue et agréable. Dommage que le froid (nuages et vent) entâme un peu le plaisir et nous incite à courir dans les longueurs... Encore une voie sans ambiance qui offre de jolis passages
et une vraie belle longueur, un cran au-dessous quand même de Caprice.
Fix part pour deux longueurs en une pour 3m
de corde tendue.
Il existe encore un zest de motivation pour une 3e voie...
Dans un passage en cannelure de L3
Puis au tour de Guillaume de s'élancer, ce
sera dans L4 très jolie
Fix use et abuse de toutes les positions
dans ses cannelures...
Dernière longueur bien sympathique
Par Bruno W
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Une classique facile bien usée....
Les derniers jours la température a bien chutée. Les sites à grandes voies qui se prêtent à une escalade par des températures faiblement positive ne sont pas
innombrables dans la région. Et c'est ainsi que nous retournons à Presles. Sur la route, le choix de la voie anime les discussion. Chacun argumentant selon les goûts et les couleurs du jour.
Arrivés aux abords de Presles, le constat n'est pas des plus agréables : la falaise est dans le nuage et les températures sont très proches du 0°. Le pré à côté du parking est même recouvert de
gelée blanche... Le choix de la voie est du coup bien restreint. On cherche une voie facile mais jolie quand même pour que le temps au relais soit minimal et que l'on est pas le temps de se
congeler à chaque arrêt...
On choisira Topomaniak dont les difficultés sont axées sur le 5+/6a avec une longueur en 6b. De quoi dérouler... L'autre cordée choisit une voie voisine Conod-Clère
dans les même cot grosso-modo mais avec un pas ou deux de 6a/b en plus et un 6c. Si l'approche nous avait bien réchauffés, le temps de grimper la première longueur rappelle déjà qu'il fait
froid...
Et notre dernier élan pour partir dans Bemboustine Sarcophage nous remet dans Topomaniak. On grimpera doucement puisqu'à chaque relais on se refroidit et il est
difficile de repartir... Du coup on ne courrera pas et on mettra quand même 4h pour faire la voie.
Il s'agit d'une voie dans l'ensemble très homogène mais concluant par un 6b pas évident du tout, un bon cran au-dessus du reste ! Enfin la patine bien présente
gâche un peu le plaisir. L'avantage par ce froid c'est que les prises n'arrachaient pas la peau... mais quand on a la sensation de glisser sur des bacs, ce n'est pas non plus très jouissif... Une
très belle voie qui a malheureusement fait son temps...
Topomaniak : TD, 250m, 6c+ max, 6a obl
Voir topo camptocamp : cliquez ici
Au départ de Piri pour rejoindre Bemboustine ou
Topomaniak
Guillaume essait tant bien que mal de se
réchauffer dans L2 de Topomaniak
Dans L4, après un passage d'A0, quelques pas de 6a
obligé qui demande un peu de lecture
Guillaume dans une longueur esthétique mais patinée...
L6 : magnifique longueur sur goutte d'eau
Idem
Par Bruno W
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Vendredi 25 septembre 2009
Gaz, pitons, ambiance et Préalpes; les mots-clés de cet itinéraire de folie !
Archiane est un site des Préalpes calcaires particulièrement esthétique. L'arrivée dans ce cirque ne peut laisser insensible. La muraille de rocher jaune et gris
qui se dresse au-dessus du parking impressionne tant le grimpeur qui sait quels voyages verticaux cette paroi représente que le randonneur de passage. Après avoir déjà parcouru plusieurs
classiques (Levant, Livanos, Thor et en Travers, Fruits de la Patience), il restait notamment un projet : la Paroi Rouge. Ce nom est celui d'une voie, la seule classique qui passe en libre dans la fameuse paroi Rouge; la
plus raide de la muraille.
Les commentaires des précédents grimpeurs ayant parcouru cette voie ne tarrissaient pas d'éloges quant au culot des anciens et à l'ambiance de la face. Le niveau
n'est pas extrême, même si il est particulièrement soutenu. C'est armé de nos friends et coinceurs que nous nous dirigeons vers cette voie, toujours autant appréciée des grimpeurs modernes.
Arrivés au pied, c'est non sans une once d'émotion que nous entamons la grimpe. Les longueurs se déroulent lentement mais sûrement. Les pitons et coins de bois en place sont nombreux mais de
qualité très incertaine nous obligeant à compléter les protections et assurer notre gestuel. Personne n'a vraiment envie de tester un vol... Les longueurs sont toutes très raides; verticales
voire déversantes et procurent rapidement une impression de vide saisissante... Les précédents commentaires n'en avaient pas rajoutés, nous étions maintenant en pleine face et pouvions constater
par nous-même ! Les relais assis sur les vires confortables les pieds balants dans le vide nous permettaient de court repos. Les cotations sont tout de même bien sèches, les V+ nous fatiguaient
tout autant que les 6b. A moins que ce ne soit l'émotion...
Une voie superbe tant pour l'ambiance exceptionnelle que pour la grimpe très raide dans un niveau abordable mais soutenu. Le tout sous les vols des
vautours...
Paroi Rouge : ED-, 250m, 6c max, V+ obl.
Voir topo Camptocamp : cliquez ici
Photos
La Paroi d'Archiane au presque lever de soleil. La
Paroi Rouge est bien visible sur la partie gauche de la face.
A l'approche sur la vire médiane
Première longueur pour récupérer la vire
supérieur.
Instant de souvenir d'un moment épique vécu en début d'été au même endroit...
Accès à la voie au bout de la vire supérieur. La
Paroi Rouge s'annonce très raide...
Et c'est parti ! Aurélien dans la fin de L3
(6b)
Qui repart dans une longueur (L4) en
rocher moyen mais...
Dans une ambiance de dingue
Et sur une ligne de dièdre superbe
Ambiance... Après une autre belle longueur
(L5), il ne me reste plus qu'un court passage athlétique en 6b pour rejoindre la cordée des Guilaume qui font les paparazzis...
Et ça continue de grimper, encore et encore, rare
sont les mètres où l'on déroule vraiment...
Ambiance depuis l'avant-dernier relais. Aurélien
s'apprête à partir pour cette belle longueur côté V+ !
A la sortie de la longueur
Et Guillaume dans l'ultime longueur avec un passage
en 6a/6a+.
Superbe voie, magnifique site, journée d'exception !
Par Bruno W
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Mercredi 23 septembre 2009
Un paysage karstique d'une variété et d'un esthétisme superbes
Le réseau Garde-Cavale qui fait partie du complexe spéléologique de la Doria (=> le réseau Garde-Cavale est la partie amont du système karstique de la résurgence
de la Doria, et le réseau Pleurachat-Doria la partie avale) est un réseau spéléologique que je connais bien pour l'avoir étudié. La traversée Garde-Cavale est une grande classique des spéléos.
Mais depuis les récentes explorations de ces dernières années une autre sortie d'envergure est très intéressante et consite à visiter les extrêmes avals du réseau ainsi que la 4e Rivière et sa
salle du Précieux.
Entourés dans mon milieu de travail de karstologues, cette sortie vers l'aval était dans les discussions depuis un moment. Le temps de nouvelles concrétions à
étudier fut le déclencheur final de cette sortie qui se fit à 5. Une belle ballade avec de nombreux arrêts pour regarder les morphologies et remplissages caractéristiques du réseau, séances
photos et prélevement d'eau et de concrétions pour un TPST total de 13h dans une ambiance extremement détendue et sympathique.
Les séances photos se sont faites avec Stéphane Jaillet aux commandes et une équipe de joyeux drilles aux flashs et mannequins. Le résultat est assez sympathique.
Merci à lui de me permettre de vous le faire partager.
Photo du captage d'eau vers -200m de profondeur qui alimente
en partie la commune des Déserts (Station de La Féclaz)
Juste en amont, ancienne conduite forcée aux magnifiques formes noyées
et surcreusé d'un étroit et très joli méandre
Dans la Galerie Eurêka, découverte récemment (années 2000). Mafnifique remplissage rythmé (rythmites) et même plissé (voir juste à droite de Benjamin).
Dans la galerie de la Mosaïque; galerie creusée dans le conglomérat de la base du Tertaire (bien regarder les parois où l'on voit apparaître des blocs d'urgonien plus ou moins arrondis).
Très esthétisque, elle est mon passage préférée de cette ballade. Malheureusement il semble que les acéto aient noircies une grande section de cette galerie. La photo est prise dans un des
endroits les moins affectés.
Non
loin le vaste entonnoir de la Salle des Forges. Le matériel photo n'étaient pas tout à fait à la hauteur des dimensions
de la salle mais le résultat photo est quand même intéressant.Le puis à la base de la salle, plongé dans le noir sur la photo, est encore dans l'Urgonien, alors que tous les personnages, qui sont
à l'amont d'un grand éboulis argileux, sont sur le conglomérat, dont on repère des limites stratigraphiques au plafond.
L'objectif de la journée : la salle du Précieux. Cette salle circulaire est à la limite lithologique entre le conglomérat et les grès-calcaires du Tertiaire. On devine encore les blocs
urgoniens du conglomérat sur les parois alors que l'on voit bien l'alternance rouge-blanc des grès bicolores plus haut qui constitue le plafond parfaitement plat et cafi de superbes
fistuleuses. Yves étale son matériel de mesure et de prélèvement pour enfin se mettre à bosser après 5h de ballade sous terre.
Collecte d'eau de plafond (qui forme stalagtite et stalagmite) pour mesure in-situ du pH, température et conductivité. Ces mêmes prélevements seront analysés
notamment pour les isotopes du carbone et de l'oxygène.
Prélèvement d'une des concrétions de la salle du Précieux qui était posée sur le talus argileux. La bête représente une vingtaine de kilos qu'il faudra ressortir (au nom de la
science !).
Positionnement au disto-laser d'une seconde concrétion avant prélèvement. Celle-ci sera moins lourde (8 kg environ). Les intérêts de ce site de prélèvement sont essentiellement d'être
séparées de la surface par les grès qui permettent (i) un enrichissement en uranium supérieur et (ii) une infiltration plus lente et régulière que dans un encaissant urgonien. L'objectif est d'utiliser ces concrétions pour des reconstitutions paléoclimatiques des derniers millénaires. Les premiers résultats peut-être dans un an ou
plus...
Par Bruno W
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